L'ISM — Indice de Sécurité au Maintien à domicile la norme française A à G pour évaluer un logement senior

L'Indice de Sécurité au Maintien à domicile (ISM) est une norme française publique, créée par maintien-domicile.com en 2026, qui note de A à G la capacité d'un logement à accueillir une personne âgée en sécurité.

L'essentiel

Les questions que tout le monde se pose

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Ce que ça mesure

La sécurité d'un logement pour une personne âgée — équipements, géométrie des escaliers, antidérapant, éclairage, accessibilité.

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Pourquoi c'est nouveau

Aucune norme grand public n'existait pour évaluer le bâti côté sécurité senior. Le GIR mesure la personne, le DPE l'énergie ; l'ISM mesure le logement.

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Ce que ça change

Une note continue qui bouge quand on adapte. On peut passer de G à F puis E en équipant le logement, et mesurer concrètement l'impact des travaux.

Chaque année en France, 12 000 personnes de plus de 65 ans meurent des suites d'une chute à leur domicile. Trois fois plus que des accidents de la route. Dans la grande majorité des cas, la cause n'est pas la fatalité : c'est un sol trop glissant, une marche mal éclairée, un escalier sans main courante, une douche trop haute à enjamber. Des défauts mesurables, repérables, corrigibles.

Le paradoxe : on connaît parfaitement la consommation énergétique d'un logement grâce au DPE, on connaît l'autonomie d'une personne grâce au GIR. Mais pour évaluer la sécurité d'une maison vis-à-vis du vieillissement de ses occupants, il n'existait jusqu'ici aucune note grand public.

Nous avons créé l'ISM — Indice de Sécurité au Maintien à domicile pour combler ce manque. Voici ce qu'il mesure, comment on le calcule, et comment l'utiliser pour adapter un logement avant qu'il soit trop tard.

C'est quoi, l'ISM ?

L'Indice de Sécurité au Maintien à domicile (ISM) est une note graduée de A à G qui résume la capacité d'un logement à accueillir une personne âgée en sécurité.

NoteNiveau de sécurité
ALogement exemplaire pour le maintien à domicile
BTrès bonne sécurité — quelques ajustements simples possibles
CSécurité correcte — plusieurs adaptations recommandées
DSécurité limitée — adaptations nécessaires
ESécurité insuffisante — travaux importants recommandés
FRisque élevé — intervention prioritaire
GRisque critique — adaptation indispensable

Le format A-G a été choisi volontairement : c'est celui du DPE. Tout le monde sait lire une étiquette A-G en France. Un logement classé G sur le plan énergétique, on sait que c'est une passoire. Un logement classé G sur le plan ISM, c'est un logement où la prochaine chute peut survenir n'importe quand.

Pourquoi cette norme manquait

Trois constats motivent la création de l'ISM.

1. Le GIR mesure la personne, pas le logement

La grille AGGIR classe les seniors en six groupes (GIR 1 à 6) selon leur degré d'autonomie. C'est utile pour calculer l'APA, pour décider d'une orientation en EHPAD ou pour mobiliser une aide à domicile. Mais elle ne dit rien de l'environnement bâti. Une personne en GIR 4 dans une maison plain-pied bien équipée peut vivre sereinement chez elle. La même personne dans une maison à étage sans main courante est en danger permanent.

2. Le DPE existe pour l'énergie, pas pour la sécurité

Le Diagnostic de Performance Énergétique est devenu un réflexe : on consulte le DPE avant d'acheter ou de louer. Aucun équivalent n'existait pour la sécurité senior — alors que c'est une donnée tout aussi structurante quand on choisit un logement pour ses vieux jours, qu'on aménage la maison de ses parents, ou qu'on évalue un bien dans le cadre d'un viager.

3. Les labels existants sont binaires

Des certifications comme Habitat Senior Services (USH), SilverHome, NF Habitat HQE ou Cerqual Vivre chez soi existent. Mais ce sont des labels pass/fail, délivrés par des organismes professionnels, qui concernent principalement les logements neufs ou rénovés à grande échelle. Aucune ne permet à un particulier de mesurer son propre logement et de suivre une progression en l'adaptant.

L'ISM répond à ce besoin spécifique : une note continue, mesurable par tout un chacun, qui bouge quand on adapte.

Comment on calcule l'ISM

L'ISM repose sur une méthodologie transparente. Trois types de critères techniques sont évalués dans le logement.

Les critères visuels

Pour chaque équipement d'une salle de bain — toilettes, douche, baignoire, lavabo, sol — une dizaine de critères de sécurité sont évalués : présence d'une barre d'appui, hauteur de cuvette adaptée, accessibilité de la douche, antidérapant, etc. Ces critères s'observent à l'œil ou se mesurent au mètre.

Les critères mesurés (escaliers)

Pour les escaliers, huit mesures précises : pente, hauteur des marches, profondeur de giron, présence et continuité de la main courante, largeur, hauteur sous plafond, régularité, obstacles. Chaque mesure est comparée aux référentiels d'accessibilité reconnus (normes PMR, recommandations CNAV).

Les verdicts

Chaque critère reçoit l'un de ces trois verdicts :

  • Favorable — la situation est sûre pour un senior.
  • Défavorable — la situation présente un risque ou une difficulté.
  • Incertain — la donnée n'a pas pu être tranchée ; le critère est exclu du calcul pour ne pas pénaliser un défaut d'observation.

La formule

La note ISM est calculée sur le pourcentage de critères favorables parmi les critères tranchés :

% favorable = critères favorables / (favorables + défavorables)

Et la grille de classification :

Note% favorable
A≥ 90 %
B75 – 90 %
C60 – 75 %
D45 – 60 %
E30 – 45 %
F15 – 30 %
G< 15 %

Dans la version 1 de l'indice, tous les critères pèsent uniformément. Une version 2 introduira une pondération par criticité (un escalier sans main courante pèsera plus qu'un robinet difficile à manœuvrer) une fois que suffisamment de retours terrain seront collectés.

À noter : une application mobile, à paraître prochainement, automatisera ce calcul via le scan du logement (vision IA pour les pièces, LiDAR pour les escaliers). En attendant, la méthodologie est documentée ci-dessus : un diagnostiqueur, un ergothérapeute ou un particulier averti peut évaluer manuellement chaque critère.

Lire son ISM : que faire d'une note ?

Votre logement est en A ou B

Bravo. Le logement est déjà bien préparé. Les rares défauts mentionnés dans le rapport peuvent être traités à votre rythme. À ce niveau, l'enjeu n'est pas l'adaptation, c'est le maintien dans le temps : sols, ampoules, équipements vieillissent — refaites un ISM tous les deux ou trois ans pour vérifier qu'il ne se dégrade pas.

Votre logement est en C ou D

Le logement reste vivable mais accumule des points de fragilité. C'est le moment idéal pour agir avant un incident. Plusieurs adaptations simples (barre d'appui, siège de douche, antidérapant) peuvent faire remonter la note d'un cran à coût modéré. La plupart de ces équipements sont éligibles à des aides comme MaPrimeAdapt', l'APA ou les aides d'Action Logement.

Votre logement est en E, F ou G

Le logement est devenu inadapté à un occupant en perte d'autonomie. Le rapport ISM liste les adaptations par ordre de priorité. Une intervention pluridisciplinaire (ergothérapeute, conseiller en gérontologie, artisan agréé) est recommandée. Dans certains cas, des travaux lourds — douche italienne, monte-escalier, suppression de seuils — peuvent faire gagner plusieurs niveaux. Dans d'autres, la question du déménagement vers un logement plus adapté mérite d'être posée.

Améliorer son ISM : les gestes qui font gagner un cran

Voici les adaptations les plus efficaces, classées par impact sur la note ISM :

  1. Barre d'appui dans la douche et près des toilettes — souvent +1 niveau à elle seule, coût très modéré (50–150 €).
  2. Tapis et bandes antidérapantes — sols et baignoire, +1 niveau possible, coût faible (< 100 €).
  3. Siège de douche mural — élimine le risque de chute debout, indispensable à partir d'un certain âge.
  4. Remplacement baignoire par douche de plain-pied — gros impact, gros budget (3 000–8 000 €) mais souvent éligible à MaPrimeAdapt'.
  5. Main courante d'escalier sur les deux côtés — obligatoire si la pente est raide, faisable en quelques heures.
  6. Éclairage automatique (détecteurs de mouvement) — couloirs, escaliers, toilettes la nuit. Coût modéré, impact majeur sur le risque de chute nocturne.
  7. Monte-escalier ou suppression d'étage — solution radicale pour les maisons à étage quand la mobilité diminue.

ISM, GIR, DPE : ne pas confondre

IndicateurMesureQui le délivre
GIR (AGGIR)Autonomie d'une personneÉvaluateur médico-social (département, EHPAD)
DPEPerformance énergétique d'un logementDiagnostiqueur certifié
ISMSécurité d'un logement pour un seniorMéthodologie publique (auto-évaluation ou professionnel)

Les trois sont complémentaires : le GIR évalue la personne, le DPE évalue l'énergie, l'ISM évalue la sécurité du bâti. Pour construire un plan de maintien à domicile complet, il faut idéalement les trois — plus une évaluation des aides disponibles (APA, PCH, aides locales).

Questions fréquentes

Vos questions

L'ISM est-il une norme officielle reconnue par l'État ?

Non. L'ISM est une norme propriétaire publiée par Maintien-domicile, librement consultable, dont la méthodologie est documentée publiquement. Il ne se substitue à aucune réglementation existante. Il vient combler un vide : aucune norme officielle équivalente n'existe à ce jour en France.

Qui peut me délivrer un ISM ?

La méthodologie ISM est publique et documentée ci-dessus. Une application mobile permettant de générer automatiquement un rapport ISM via le scan du logement sera disponible prochainement. En attendant, l'évaluation peut être faite par un professionnel (ergothérapeute, diagnostiqueur) ou par auto-évaluation à l'aide de notre Checklist d'adaptation du logement.

L'ISM peut-il servir dans un dossier de demande d'aide ?

Un rapport ISM peut être joint à un dossier de demande d'aide à l'adaptation (APA, PCH, MaPrimeAdapt', aides Action Logement, mutuelles) comme pièce justificative qualitative. Il ne remplace pas l'évaluation d'un ergothérapeute, mais il prépare le dossier et facilite la conversation avec le professionnel.

Combien coûte un ISM ?

Le diagnostic ISM est gratuit : la méthodologie est publique et la future application sera également gratuite. Aucun frais n'est demandé pour générer un rapport ISM.

Mon logement va-t-il être noté G si je n'ai rien équipé ?

Pas forcément. Un logement plain-pied avec une douche de plain-pied native, des sols mats et une bonne luminosité peut atteindre C ou même B sans aucun équipement spécifique senior. La note ISM ne pénalise pas l'absence d'équipement quand le bâti est intrinsèquement sûr.

À quelle fréquence refaire un ISM ?

Tous les 2 à 3 ans est un bon rythme, ou à chaque évolution significative : nouveau diagnostic médical, après une chute, lors d'un projet de travaux, à l'arrivée chez un proche.

Sources officielles

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