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La PCH — Prestation de Compensation du Handicap

L'aide du Conseil départemental pour compenser les besoins des personnes handicapées de moins de 60 ans. Évaluation MDPH, 5 volets, droit d'option PCH / APA.

Personne en fauteuil roulant assistée à domicile, illustrant la PCH

Qu'est-ce que la PCH ?

La Prestation de Compensation du Handicap (PCH) est une aide légale instaurée par la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances des personnes handicapées. Versée par le Conseil départemental, elle est destinée à compenser les besoins liés au handicap dans la vie quotidienne — pas à remplacer un revenu.

Contrairement à l'APA qui s'adresse aux personnes âgées en perte d'autonomie, la PCH concerne les personnes en situation de handicap, quelle que soit la nature de ce handicap — moteur, sensoriel, cognitif, psychique ou polyhandicap. Son attribution repose sur une évaluation fine des besoins réels de compensation et non sur une grille standardisée comme l'AGGIR.

La PCH est versée directement au bénéficiaire (ou à son représentant légal) et est attribuée pour une durée déterminée, renouvelable après réévaluation. Elle n'est ni imposable ni récupérable sur la succession.

Qui peut en bénéficier ?

Pour accéder à la PCH, trois conditions principales doivent être remplies :

  • Âge inférieur à 60 ans au moment de la première demande. Les personnes dont le handicap est survenu avant 60 ans peuvent toutefois conserver la PCH après cet âge, et bénéficient d'un droit d'option entre PCH et APA.
  • Résidence stable et régulière en France (plus de 3 mois ou résidence principale pour les ressortissants étrangers hors UE).
  • Difficulté absolue ou grave pour réaliser au moins une activité essentielle de la vie quotidienne (mobilité, hygiène, communication, entretien du logement, etc.), telle qu'évaluée par l'équipe pluridisciplinaire de la MDPH à l'aide du GEVA.

Il n'existe pas de condition de ressources pour accéder à la PCH. En revanche, les ressources peuvent influer sur certains montants lorsqu'il existe un plafond.

Les 5 volets de la PCH

La PCH est modulaire : elle peut couvrir un ou plusieurs des cinq volets suivants, selon les besoins évalués :

1. Aide humaine
Financement d'heures d'aide à domicile (auxiliaire de vie, aide ménagère, tierce personne). Le barème est d'environ 17 €/h pour un intervenant salarié employé directement ou via un prestataire. Un aidant familial peut aussi être rémunéré via ce volet (barème spécifique).
2. Aides techniques
Fauteuil roulant, lit médicalisé, lève-personne, prothèse auditive, aides à la communication. Plafond de 4 000 € sur 3 ans (porté à 4 200 € pour certains équipements).
3. Aménagement du logement
Travaux d'accessibilité au domicile (douche de plain-pied, rampe d'accès, élargissement des portes). Plafond de 10 000 € sur 10 ans. Cumulable avec MaPrimeAdapt' (règle du non-double financement de la même dépense).
4. Aménagement du véhicule
Adaptation du véhicule personnel à la situation de handicap (commandes manuelles, aménagement pour fauteuil roulant). Plafond de 5 000 € sur 5 ans.
5. Aides animalières
Financement partiel du coût d'un chien guide ou d'un chien d'assistance. Plafond de 3 000 € sur 5 ans.

PCH vs APA : quelles différences ?

La PCH et l'APA sont les deux prestations publiques d'aide humaine. Elles sont exclusives l'une de l'autre mais, au passage des 60 ans, un droit d'option permet de choisir la plus avantageuse :

CritèrePCHAPA
Âge< 60 ans (maintien possible après 60 ans si déjà perçue avant)≥ 60 ans
Public ciblePersonnes en situation de handicapPersonnes âgées en perte d'autonomie
ÉvaluationGEVA — équipe pluridisciplinaire MDPHGrille AGGIR — GIR 1 à 4
DécisionCDAPH (Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées)Conseil départemental
Versée parConseil départemental (via la MDPH)Conseil départemental
Plafond mensuelVariable selon les besoins compensés (pas de plafond global)Jusqu'à ~1 950 €/mois (GIR 1, 2026)
Récupération sur successionNonNon
Cumulable avec crédit d'impôt SAPOui (sur le reste à charge)Oui (sur le reste à charge)

Le droit d'option n'est ouvert qu'une seule fois. Une fois l'APA choisie, il n'est pas possible de revenir à la PCH sauf changement substantiel de situation. En cas de doute, un travailleur social de la MDPH ou du Conseil départemental peut réaliser une simulation comparative.

Comment faire la demande ?

La demande de PCH se fait auprès de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) du département de résidence. La démarche comprend plusieurs étapes :

  1. Retirer et constituer le dossier. Le formulaire de demande (cerfa 13788) est disponible sur le site de la MDPH de votre département ou sur service-public.fr. Il est accompagné d'un certificat médical daté de moins de 3 mois (formulaire cerfa 13878).
  2. Déposer le dossier à la MDPH. En main propre, par courrier recommandé ou, dans de nombreux départements, via un portail dématérialisé. La date de réception du dossier complet est celle retenue pour le calcul des droits.
  3. Évaluation par l'équipe pluridisciplinaire. La MDPH mandate une équipe (médecins, travailleurs sociaux, ergothérapeutes) pour évaluer les besoins à l'aide du GEVA. Cette évaluation peut se faire au domicile ou en entretien à la MDPH.
  4. Décision de la CDAPH. La Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées statue sur la base du rapport d'évaluation. Le délai légal est de 4 mois. En pratique, comptez 4 à 9 mois selon les départements.
  5. Notification et versement. La décision précise les volets accordés, les montants et la durée d'attribution (en général 1 à 5 ans). Le versement est mensuel et débute au 1er jour du mois suivant la décision.

Questions fréquentes sur la PCH

Qu'est-ce que la MDPH et quel est son rôle dans l'attribution de la PCH ?

La MDPH — Maison Départementale des Personnes Handicapées — est le guichet unique pour les demandes liées au handicap dans chaque département. Pour la PCH, la MDPH instruit le dossier, organise l'évaluation par une équipe pluridisciplinaire (médecins, travailleurs sociaux, ergothérapeutes), puis soumet le dossier à la CDAPH (Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées) qui prend la décision d'attribution et fixe les montants.

Que se passe-t-il à 60 ans : faut-il basculer vers l'APA ?

Non, pas automatiquement. Une personne qui bénéficiait de la PCH avant ses 60 ans conserve le droit d'option : elle peut choisir de rester en PCH ou de basculer vers l'APA. Ce droit d'option est encadré par la loi (article L. 245-1 du Code de l'action sociale et des familles). Dans la pratique, conserver la PCH est souvent avantageux si les montants accordés sont supérieurs à ceux de l'APA. Une simulation comparative est recommandée avec l'aide d'un travailleur social.

Quelles sont les « activités essentielles » évaluées par la MDPH ?

Le GEVA évalue la capacité de la personne à réaliser des activités essentielles regroupées en plusieurs catégories : se lever, se coucher, se déplacer à l'intérieur et à l'extérieur, se laver, s'habiller, se nourrir, communiquer, entretenir son logement. Une difficulté « absolue » (impossibilité totale) ou « grave » (nécessité d'aide partielle mais régulière) sur au moins une activité conditionne l'éligibilité à la PCH.

La PCH couvre-t-elle uniquement l'aide humaine ?

Non. La PCH couvre cinq volets de compensation : l'aide humaine (auxiliaire de vie, aidant familial), les aides techniques (fauteuil roulant, lit médicalisé, prothèses), l'aménagement du logement (travaux d'accessibilité), l'aménagement du véhicule, et les aides animalières (chien guide). Chaque volet fait l'objet d'une évaluation et d'un montant alloué distinct. La PCH peut ainsi couvrir à la fois des heures d'aide à domicile et des travaux d'adaptation.

Combien de temps dure l'instruction d'un dossier PCH ?

Le délai légal de la MDPH pour instruire un dossier PCH est de 4 mois à compter de la réception du dossier complet. En pratique, ce délai peut atteindre 6 à 9 mois selon les MDPH et la complexité du dossier. En cas de situation d'urgence avérée, une procédure accélérée peut être demandée. Pendant l'instruction, aucune aide n'est versée rétroactivement au-delà de la date de dépôt du dossier complet.

Un aidant familial peut-il être rémunéré via la PCH ?

Oui, sous conditions. La PCH peut financer la rémunération d'un aidant familial (conjoint, concubin, parent, fratrie) à hauteur du barème fixé par arrêté, soit environ 3,82 €/h en 2026 (pour un aidant qui n'a pas cessé son activité professionnelle) ou 5,73 €/h (pour un aidant ayant cessé ou réduit son activité). Ce dispositif est distinct de l'emploi direct via le CESU et fait l'objet d'une déclaration spécifique auprès du Conseil départemental.

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